jours 12, 13 et 14 : NAXOS et le retour

 

 les fètes de Pâques en Grèce

Il est temps de parler un peu de la façon dont les grecs vivent cette période. D'abord à la télévision : beaucoup de messes sont retransmises tout au long de la semaine sainte, mais le plus curieux est l'abondance de films relatant la vie du Christ, ou se situant à une époque biblique ; ils y passent tous : je ne sais combien de versions (film ou téléfilm) de la passion ont pu passer sur toutes les chaînes. Le summum a été atteint le vendredi saint où Charlton Heston se retrouvait sur une chaîne en Ben Hur et en même temps sur une autre en Moïse ("les dix commandements") ; et c'est comme ça tous les ans. Si vous comprenez l'anglais vous pourrez suivre puisque la plupart du temps les films américains sont sous-titrés.

Dans tous les villages des messes sont célébrées tous les jours de la semaine sainte et évidemment très suivies. Nous avons pu cette année suivre la procession du vendredi saint . Le temps était très froid avec un vent pas du tout agréable et nous hésitions à aller à l'église principale d'où devait partir le cortège ; néanmoins nous nous décidons tardivement et arrivons devant l'église juste au moment où les icônes en sont sorties. Malheureusement cette année aucun des nombreux fidèles massés sur la petite place ne pourra allumer le cierge qu'il a amené, le vent est trop violent. Mais la procession démarre, avec un homme chantant dans un mégaphone les phrases qui sont reprises par les suivants. La procession passe le long du port et le spectacle est vraiment magnifique, beaucoup de ferveur dans la procession où on est venu en famille et de tous les milieux ; le gros ferry resté au port brille de toutes ses lumières et fait entendre sa sirène tant que le cortège est devant lui. Nous vous recommandons d'assister à cette cérémonie si vous vous trouvez en Grèce à ce moment. Le cortège tourne ensuite dans la ville avant de se disperser en ramenant dans l'église de départ les reliques promenées. Rentrés à notre hôtel nous aurons la surprise de constater qu'il y a une chaîne de Tv locale, puisque la procession que nous suivions est retransmise en différé ; nous n'avions même pas vu les caméras.

Le samedi à minuit c'est la tradition des pétards car "christos anesti" (le Christ est ressuscité) et du repas nocturne, à Naxos les pétards sont bien là. Nous ne pourrons malheureusement pas participer au spectacle des agneaux qui rôtissent le dimanche pour cause de départ. A la Tv nous verrons des reportages où nous comprendrons que le prix de l'agneau est un truc avec lequel il ne faut pas rigoler à Pâques, car tout le monde doit pouvoir rôtir le sien ; nous verrons également un entrepot où pourrissent des carcasses, conséquence d'un trafic ? Alex (de l'hôtel Glaros) nous fera participer au rite des oeufs colorés qu'on entrechoque deux fois par les deux pointes (ils sont durs je vous rassure)

Naxos 

Un des intérêts de Naxos réside dans les très belles plages au sud de Chora et nous partons les visiter. D'abord Aghios Georgios, qui est juste en face de notre hôtel, puis Aghios Prokopis. Assez difficile de trouver le bon chemin car le panneau qui l'indique est tombé par terre ( c'est une habitude ? à en juger par cet autre panneau trouvé plus loin) mais après un demi tour nous y voilà. Une très belle plage où il doit faire bon lézarder au soleil. A côté de la plage une étendue d'eau, sorte de lagune, que nous suivons en voiture par le chemin de terre pour voir jusqu'où il conduit. Arrivé au bout c'est un cul de sac et nous nous arrêtons ; c'est alors qu'une escadrille de moustiques foncent sur nous à travers le toit ouvrant de la petite Fiat. Panique à bord et furieuse bataille : ils sont nombreux mais nous nous défendons héroiquement ; pendant que mon épouse fait une hécatombe je redémarre vers l'autre bout du chemin où nous nous arrêtons pour ouvrir portes et fenêtres mais il en arrive d'autres ! Moralité : méfiez vous et ne vous écartez pas de la plage, l'étendue d'eau toute proche a des habitants affamés. Mon épouse en sera victime, mais avec une seule piqüre alors que les pertes côté moustiques seront nombreuses.

Nous descendons ensuite vers Aghia Anna et Plaka. C'est une petite route en terre très praticable qui suit le littoral tout au long des plages qui sont très belles et complètement désertes en cette saison. En face de la mer des constructions vides (bars, restaurants, chambres) qui doivent être remplies en saison. Nous voulons ensuite descendre vers Mikri Vigla, mais le chemin côtier s'est brusquement effondré du fait des récentes pluies torrentielles et la rue qui remonte vers le "centre" de Plaka est une piscine : impossible de passer. Nous devons donc rebrousser chemin mais comme nous avons de la suite dans les idées nous prenons l'autre route qui permet d'y aller à partir d'Aghia Anna. Dans ce secteur un conseil : ne vous aventurez surtout pas dans le village d'Aghios Arsenios en voiture ! J'ai la mauvaise idée de le faire plutôt que de prendre la route qui le contourne et c'est tout juste si la Fiat Seicento passe dans les ruelles minuscules ; avec une voiture plus large c'était la marche arrière assurée. A un croisement comme nous cherchons notre chemin, un grec barbu et chevelu "avec une gueule de pâtre grec" comme dirait Georges nous accoste : il fait du stop et veut aller à Alykos ; comme c'est notre route il prend place dans la Fiat avec dans le petit coffre sa pioche et son sac rempli de cailloux ; que fait-il avec ? Mystère car il ne parle pas un mot d'anglais et mon grec est trop limité ; nous le laisserons près de Mikri Vigla : encore une très belle plage avec des couleurs superbes pour la mer. Nous ne descendrons pas plus au sud car nous avons eu notre dose de belles plages pour la journée. Pour en avoir un aperçu, cliquez sur le lien situé plus haut.

L'autre intérêt de Naxos est de pouvoir retrouver des paysages de montagne , car ça grimpe quand même jusqu'à 997 m (mont Koronos). Nous partons donc cette fois vers le nord. Si vous voulez aller voir le monastère moni Chrisostomou faites bien attention car la route qui y mène est toute petite et le panneau indicateur également ; c'est une petite route à droite à la sortie de Chora. Extérieurement le monastère n'a aucun intérêt (bâti très récemment) mais la vue sur la baie de Chora vaut le coup et nous nous arrêtons sur un petit parking pour en profiter. En continuant vers Galini un triste spectacle : des dizaines de sacs plastiques échappés d'une petite décharge à cause des vents violents, qui se sont éparpillés dans le paysage. J'espère que pour vous ils auront été ramassés ; les sacs plastiques : un des effets les plus pervers de la pollution, j'ai vu les mêmes sur les plages de Bali. En montant vers le nord on contourne un lac artificiel, réserve d'eau pour l'été (cette année les sources sont pleines, il est tombé l'équivalent de 4 années). La route serpente avec de belles vues sur les criques jusqu'à Appolonas . Nous nous arrêtons dans ce petit village pour aller prendre le jus d'orange (2,5 euros) traditionnel en terrasse face à la mer au captain Michalis ; pas mal de grecs mais pas de touristes ce matin là. Le village est très agréable et la mer est forte.

La route qui descend vers le centre de Naxos est très intéressante ; elle présente des paysages superbes de montagne avec des vues sur la mer et nous vous recommandons de la suivre d'Appolonas jusqu'à Aperanthos. Nous nous arrêterons souvent pour profiter de la vue . Un point négatif, cette route a été très endommagée par les pluies et est souvent réduite à une seul petite voie ; parfois des cailloux, parfois des blocs énormes dévalés des montagnes, ou encore une route complétement recouverte par la terre qui a suivi les pluies. J'espère que les routes seront refaites pour votre séjour, mais il y a beaucoup à faire ! Si vous allez à Filoti, surtout ne prenez pas la route pour aller à la tour d'Himarou (Himaros tower). Cette route superbe entièrement refaite à neuf ne conduit à aucun village ; tout juste quelques maisons par ci par là et au bout d'une route interminable (13 km) de montagne on arrive à la fameuse tour qu'on ne peut approcher car elle est entourée d'une clôture ! La tour est en réfection et on pourra peut être un jour y accéder mais en attendant allez donc voir ailleurs contrairement à ce que dit le GDR. Il y a d'ailleurs plusieurs autres tours du même style sur l'île. Curieux quand même qu'on ait construit cette route, qui est d'ailleurs quasiment la seule dans cette partie (sud est) de l'île. On peut croiser à Naxos des habitants sur un moyen de locomotion tout terrain qui consomme très peu (voir photo en bas à droite).

A Chalki nous visitons la distillerie qui produit une liqueur à bas de citrus (c'est une sorte de citron de la taille d'un pamplemousse) vendue dans tous les magasins de Chora. Pour la trouver n'hésitez pas à entrer dans le village car celle-ci est petite et mal indiquée. Le guide est jeune, sympathique et nous commente la visite (très courte) en anglais. La "machine" date de plus de cent ans tout comme la fabrique et tous les ans un expert du ministère de la santé vient contrôler qu'elle est toujours en état. C'est toujours la même depuis plus d'un siècle. Nous avons droit à la dégustation ; trois types de liqueur avec trois degrés différents, de la verte (la plus légère) à la jaune (la plus forte) , en passant par la blanche (le juste milieu). Pour notre part nous préférons la blanche et nous ne repartirons pas sans notre bouteille bien sur.

 

 

 le retour

Il se fera par avion de Naxos à Athènes. Si l'aèrodrome de Santorin est petit celui de Naxos l'est encore plus. En cette saison un avion par jour (un petit ATR). Pas de système informatique pour l'embarquement mais un bon vieux ticket cartonné. Le bâtiment est tout petit et mal conçu : quand vous poussez la porte d'entrée vous bousculez les personnes en train d'enregistrer qui sont juste à droite sur le trajet de la porte. Les bureaux font penser à un vieux commissariat. Mais le personnel est aimable et l'avion partira à l'heure ! C'est ça l'avantage d'un petit aèroport.

Nous aurons donc le temps de faire quelques achats à Eleftherios Venizelos d'autant que bien entendu le vol au départ d'Athènes aura le retard traditionnel. On remarque au départ d'Athènes, dans l'avion et jusqu'à Roissy la psychose provoquée par l'épidémie partie du sud est asiatique : trois ou quatre passagers voyageant en groupe feront tout le voyage avec un masque chirurgical sur le visage, alors que le danger en Grèce semble vraiment peu évident !

Evidemment au départ de Naxos et de la Grèce le temps est magnifique : soleil sans nuage, le vent est tombé. Et nous arrivons en france sous un ciel gris et nuageux avec quelques degrés de moins ; pas de chance ...

 

 

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